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Unes: El Gráfico n° 3065, 1978 – domaine public · El Gráfico n° 3482, 1986 – domaine public · La Nación, 19/12/2022 – © La Nación / Getty Images

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Les 9 disques de l'Argentine

Neuf buts, neuf histoires. Touchez un disque pour lire comment c'était, avec les mots des journaux et des commentateurs de ce jour-là.

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Le poing de Maradona et Shilton, 51e minute
Le poing de Maradona et Shilton, 51e minute El Gráfico n° 3481, 1986 – domaine public

Disque 1 sur 9

Maradona 51'

La mano de Dios

Le souvenirUn poing plus haut que le ciel de midi. Le ballon est entré, et tout un pays avec lui.

  • 22 juin 1986
  • Estadio Azteca, Mexico
  • Quart de finale, Coupe du monde 1986
  • Argentine 2-1 Angleterre

Mexico, quart de finale contre l'Angleterre, quatre ans après la guerre des Malouines. Pour les Argentins, ce n'est pas un match comme les autres.

À la 51e minute, un dégagement raté de Steve Hodge envoie le ballon vers le gardien Peter Shilton. Maradona, vingt centimètres plus petit, saute avec lui et touche le ballon du poing gauche. L'arbitre tunisien Ali Bin Nasser valide : 1-0.

Les Anglais protestent, mais le but est accordé. Quatre minutes plus tard, Maradona marquera aussi le but du siècle.

Anecdote Après le match, il expliqua que le but était venu « un peu avec la tête de Maradona et un peu avec la main de Dieu ». Depuis, ce but porte ce nom. — Diego Armando Maradona, conferencia de prensa, 22/06/1986

La couverture d'El Gráfico après la finale : Maradona soulève la Coupe
La couverture d'El Gráfico après la finale : Maradona soulève la Coupe El Gráfico n° 3482, 1986 – domaine public
Burruchaga marque le 3-2
Burruchaga marque le 3-2 El Gráfico, 1986 – domaine public

Disque 2 sur 9

Burruchaga 84'

Mundial 1986

Le souvenirQuarante mètres en solitaire, avec trente millions de cœurs qui couraient derrière lui.

  • 29 juin 1986
  • Estadio Azteca, Mexico
  • Finale, Coupe du monde 1986
  • Argentine 3-2 RFA

En finale, l'Argentine mène 2-0 grâce à José Luis Brown et Jorge Valdano. La RFA ne lâche rien : Rummenigge et Völler égalisent en six minutes.

À la 84e, Maradona, marqué de près tout le match, trouve l'espace pour une seule passe. Elle suffit : Jorge Burruchaga file vers le but, poursuivi par un défenseur allemand, et bat Harald Schumacher à la sortie. 3-2.

Six minutes plus tard, l'Argentine est championne du monde pour la deuxième fois.

Anecdote Des années plus tard, il a raconté ses 40 mètres de course vers Schumacher : « Nunca pensé otra cosa que en que fuera gol » (« Je ne pensais qu'au but »). — Jorge Burruchaga, Análisis Digital, 29/06/2021

«El grito de un país. ¡Campeones del mundo!»

— El Gráfico n° 3482, 1986
La une de Mundo Deportivo le lendemain : « El pie de Dios »
La une de Mundo Deportivo le lendemain : « El pie de Dios » Mundo Deportivo, 19/04/2007 – © Mundo Deportivo

Disque 3 sur 9

Messi 28'

Getafe 2007

Le souvenirVingt et un ans plus tard, la même course : comme si le football avait rembobiné la cassette pour ceux qui étaient nés trop tard.

  • 18 avril 2007
  • Camp Nou, Barcelone
  • Demi-finale aller, Coupe du Roi
  • Barcelone 5-2 Getafe

Messi a 19 ans. Il reçoit le ballon sur la droite, encore dans son camp, et s'élance.

Il élimine un à un les adversaires qui se présentent, entre dans la surface, dribble aussi le gardien et marque dans un angle fermé, le défenseur arrivant trop tard en glissade.

Au stade comme devant la télé, tout le monde pensa la même chose : c'était le but de Maradona contre l'Angleterre, presque identique, 21 ans plus tard.

Anecdote Après le match, il l'a résumé en six mots : « Vi hueco y tiré para adelante » (« J'ai vu un trou et j'y suis allé »). 55 mètres, 12 secondes, 6 adversaires éliminés. — Lionel Messi, Mundo Deportivo, 19/04/2007

«El pie de Dios»

— Mundo Deportivo, 19/04/2007

«Y ahora lo llaman «Messidona»»

— Ámbito, 19/04/2007

«Encara Messi!»

— Joaquim Maria Puyal, Catalunya Ràdio
La une de La Nación après la finale : « Gloria eterna »
La une de La Nación après la finale : « Gloria eterna » La Nación, 19/12/2022 – © La Nación / Getty Images
Buenos Aires, le soir du 18 décembre 2022
Buenos Aires, le soir du 18 décembre 2022 GCBA – CC BY 2.5 AR

Disque 4 sur 9

Montiel 4-2

Champions 2022

Le souvenirTrente-six ans d'attente sur onze mètres. Un tir, et tout un pays s'est remis à respirer.

  • 18 décembre 2022
  • Stade de Lusail, Qatar
  • Finale, Coupe du monde 2022
  • Argentine 3-3 France, 4-2 aux tirs au but

L'une des plus belles finales de l'histoire. L'Argentine mène 2-0, Mbappé égalise avec deux buts en deux minutes. En prolongation, Messi marque le 3-2, Mbappé complète son triplé : 3-3.

Aux tirs au but, Emiliano Martínez arrête la frappe de Coman et Tchouaméni tire à côté. Le quatrième tir argentin revient à Gonzalo Montiel : s'il marque, c'est fini.

Il avait décidé de frapper fort au centre. Il voit Lloris bouger trop tôt et change de côté au dernier moment. But : l'Argentine est championne du monde.

Anecdote En prolongation, sa main avait offert à Mbappé le penalty du 3-3. Avant les tirs au but, Scaloni lui a demandé deux fois s'il se sentait prêt : « le respondí que estaba seguro » (« je lui ai répondu que j'étais sûr »). Puis il a marqué le tir décisif. — Gonzalo Montiel, AFA Estudio, 2023

«Gloria eterna»

— La Nación, 19/12/2022

«¡Somos campeones del mundo!»

— Olé, 19/12/2022

«Le cambié de palo.»

— Gonzalo Montiel, La Nación, 19/01/2023
Messi à la Copa América 2007 au Venezuela (Argentine-Pérou, 8 juillet)
Messi à la Copa América 2007 au Venezuela (Argentine-Pérou, 8 juillet) nica* (Caracas) – CC BY-SA 2.0

Disque 5 sur 9

Messi 61'

Copa América 2007

Le souvenirTout le monde attendait la frappe. Il a dessiné un arc-en-ciel, et le ballon est redescendu doucement, comme une plume qui sait où aller.

  • 11 juillet 2007
  • Puerto Ordaz, Venezuela
  • Demi-finale, Copa América 2007
  • Argentine 3-0 Mexique

Messi vient d'avoir 20 ans. L'Argentine mène 1-0 contre le Mexique, mais le match reste ouvert.

À la 61e, Messi reçoit dans la surface sur la droite, dans un angle fermé. Tout le monde attend une frappe ou un centre : il tente un lob tout en douceur par-dessus le gardien, qui passe sous la barre. 2-0.

Riquelme conclut ensuite sur penalty : 3-0, l'Argentine en finale.

Anecdote Des années plus tard, l'arbitre chilien Carlos Chandía a raconté qu'en fin de match Messi, déjà averti, avait touché le ballon de la main. Au lieu du deuxième jaune, il lui a dit : « Esta jugada es amarilla, pero te va a costar la remera » (« Ça vaut un jaune, mais ça va te coûter ton maillot »). Au vestiaire, Messi le lui a donné. — Carlos Chandía, El VBAR de Caracol, 2024

«Messico'86»

— Olé, 12/07/2007

«Belleza americana»

— La Nación, 12/07/2007
La couverture d'El Gráfico après Argentine-Angleterre : « No llores por mí Inglaterra »
La couverture d'El Gráfico après Argentine-Angleterre : « No llores por mí Inglaterra » El Gráfico n° 3481, 1986 (foto Dani Yako) – domaine public

Disque 6 sur 9

Maradona 55'

El gol del siglo

Le souvenirSoixante mètres, l'Angleterre dans son dos, et un commentateur qui pleurait parce que les mots ne suffisaient plus.

  • 22 juin 1986
  • Estadio Azteca, Mexico
  • Quart de finale, Coupe du monde 1986
  • Argentine 2-1 Angleterre

Quatre minutes après la mano de Dios. Héctor Enrique donne le ballon à Maradona dans sa propre moitié de terrain.

Maradona se retourne et s'élance. Il passe Beardsley et Reid, puis Butcher et Fenwick, dribble aussi le gardien Shilton et pousse le ballon au fond. Une soixantaine de mètres en un peu plus de dix secondes.

À la radio, Víctor Hugo Morales hurla : « ¡Barrilete cósmico! ¿De qué planeta viniste? ».

Anecdote Tout a commencé à Wembley en 1980 : Maradona avait éliminé la moitié de la défense anglaise, mais sa frappe n'était pas entrée. Au téléphone, son frère Hugo lui a dit : « Pelu, tendrías que haber enganchado » (« Tu aurais dû dribbler le gardien aussi »). Six ans plus tard, il l'a fait. — Hugo Maradona, después de Wembley 1980 (El Gráfico)

«No llores por mí Inglaterra»

— El Gráfico n° 3481, 1986

«¡Barrilete cósmico! ¿De qué planeta viniste?»

— Víctor Hugo Morales, radio, 22/06/1986

«El Negro Enrique me la da lejos del arco.»

— Diego Armando Maradona, El Gráfico
La couverture d'El Gráfico après la finale de 1978 : « Kempes, el jugador del Mundial »
La couverture d'El Gráfico après la finale de 1978 : « Kempes, el jugador del Mundial » El Gráfico n° 3065, 1978 – domaine public
Kempes exulte en finale
Kempes exulte en finale El Gráfico n° 3064, 1978 – domaine public

Disque 7 sur 9

Kempes 38'

Mundial 1978

Le souvenirLe Monumental sous une pluie de confettis : on aurait dit qu'il neigeait du papier, en juin, rien que pour lui.

  • 25 juin 1978
  • Estadio Monumental, Buenos Aires
  • Finale, Coupe du monde 1978
  • Argentine 3-1 Pays-Bas, après prolongation

La première finale mondiale jouée à domicile. Le Monumental est plein et la pelouse couverte de confettis.

À la 38e, Mario Kempes s'infiltre entre deux défenseurs néerlandais et bat le gardien Jan Jongbloed : 1-0. Les Pays-Bas égalisent par Nanninga à huit minutes de la fin.

En prolongation, Kempes marque encore, puis Bertoni : 3-1. C'est la première Coupe du monde de l'histoire de l'Argentine.

Anecdote Au premier tour, il ne marquait pas et portait la moustache. Menotti lui a dit : « …¿por qué no se afeita de una vez en Rosario y se acuerda de hacer goles? » (« pourquoi ne pas vous raser et vous souvenir de marquer ? »). Kempes s'est rasé et a ensuite marqué 6 buts, dont deux en finale. — César Luis Menotti, según Mario Kempes (EFE, 2018)

«Kempes, el jugador del Mundial»

— El Gráfico n° 3065, 1978
La une du Sun après la finale : « In the Hand of God »
La une du Sun après la finale : « In the Hand of God » The Sun, 19/12/2022 – © The Sun
Le 20 décembre 2022 à l'Obélisque, pour accueillir les champions
Le 20 décembre 2022 à l'Obélisque, pour accueillir les champions Adriel Rivera – CC BY-SA 4.0

Disque 8 sur 9

Di María 36'

Mundial 2022

Le souvenirIl a couru et pleuré en même temps. Certaines joies sont trop grandes pour une seule personne.

  • 18 décembre 2022
  • Stade de Lusail, Qatar
  • Finale, Coupe du monde 2022
  • Argentine 3-3 France, 4-2 aux tirs au but

L'Argentine mène déjà 1-0 grâce au penalty de Messi. À la 36e part un contre éclair : Messi, Julián Álvarez, Mac Allister.

Mac Allister sert Ángel Di María, lancé côté gauche, qui frappe en première intention au second poteau. 2-0.

Di María fond en larmes au milieu du terrain. Il avait déjà marqué en finale olympique en 2008, en finale de la Copa América 2021 au Maracanã et lors de la Finalissima 2022 à Wembley.

Anecdote Avant la finale, il avait écrit à sa femme : « Voy a hacer un gol porque está escrito, como en el Maracaná y Wembley » (« Je vais marquer parce que c'est écrit, comme au Maracanã et à Wembley »). — Ángel Di María, El Economista, 20/12/2022

«In the Hand of God»

— The Sun, 19/12/2022

Disque 9 sur 9

Messi 84'

Brésil 2012

Le souvenirContre le Brésil, l'éternel rival : une frappe enroulée en pleine lucarne, comme une signature au bas d'une lettre d'amour.

  • 9 juin 2012
  • MetLife Stadium, New Jersey (États-Unis)
  • Match amical
  • Argentine 4-3 Brésil

Un match amical qui ressemblait à une finale : sept buts et un score qui n'arrêtait pas de changer entre l'Argentine et le Brésil.

À 3-3, à quelques minutes de la fin, Messi reçoit près du milieu de terrain, côté droit. Il file en diagonale vers le but et, depuis l'entrée de la surface, enroule sa frappe dans la lucarne. 4-3.

C'est son triplé contre le Brésil : trois buts dans le même match contre l'éternel rival.

Anecdote En conférence de presse, le sélectionneur Alejandro Sabella a résumé, à propos de Messi : « Gracias a Dios es argentino » (« Heureusement, il est argentin »). — Alejandro Sabella, conferencia de prensa (Diario de Cuyo, 10/06/2012)

«Con Messi todo se puede»

— Diario de Cuyo, 10/06/2012

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